Bocchit Edmond propose une approche ONU–OEA pour sortir de la crise

L’ancien Ministre des Affaires étrangères et ex-Ambassadeur d’Haïti à Washington, Bocchit Edmond, a soumis le 27 août dernier, une proposition plaidant pour une action conjointe de l’ONU et de l’OEA, afin d’apporter une réponse coordonnée à la crise politique et humanitaire haïtienne.

Port-au-Prince, le 28 août 2025.- Dans son document, l’ancien diplomate rappelle que la violence, l’instabilité économique, la détresse humanitaire et l’effondrement institutionnel frappent durement Haïti.

Le vide de pouvoir provoqué par la démission des dirigeants élus et le report des élections a, selon lui, aggravé l’insécurité et la souffrance de la population.

Dans sa proposition, Bocchit Edmond assigne trois missions principales à l’ONU. La sécurité et le maintien de la paix, avec le déploiement d’une mission internationale de soutien en coordination avec les autorités haïtiennes et l’appui à la réforme policière, au désarmement et aux opérations anti-gangs.

Deuxièmement, une assistance humanitaire, par le renforcement de l’aide d’urgence en nourriture, eau, soins et abris et une meilleure coordination avec les ONG pour atteindre les plus vulnérables.

Troisièmement, le développement durable et le renforcement des capacités, incluant un soutien à la relance économique, à la reconstruction des infrastructures, aux services publics et à l’appui technique des institutions éducatives, sanitaires et sociales.

A son avis, l’OEA devrait concentrer ses efforts sur la gouvernance, le dialogue politique, en facilitant une concertation nationale inclusive avec les acteurs de la société civile, des partis politiques, du secteur privé, de la diaspora et en soutenant des structures de transition fondées sur le consensus et la légitimité.

En second lieu, concernant le processus électoral, il plaide pour une assistance technique à l’organisation d’élections crédibles, l’appui au rétablissement d’organes électoraux indépendants et la promotion de l’éducation civique et de la participation des électeurs.

Un mécanisme conjoint et une mobilisation des ressources

La proposition prévoit la création d’un Groupe de coordination conjointe réunissant l’ONU, l’OEA, le gouvernement de transition, la société civile et les bailleurs internationaux. Ce mécanisme, d’après l’Ambassadeur, viserait à garantir la transparence, la redevabilité et l’optimisation des ressources.

Pour financer le plan, il suggère que l’ONU mobilise le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF), tandis que l’OEA coordonnerait avec ses États membres et la Banque Interaméricaine de Développement (BID).

L’ancien Ministre appelle à une approbation rapide et à la mobilisation des ressources afin de lancer ce cadre, en solidarité avec le peuple haïtien et en défense de la paix régionale et des valeurs démocratiques.

Fondée en 1948 et regroupant une trentaine de pays, l’QOEA est intervenue à plusieurs reprises en Haïti, notamment dans l’observation d’élections, la médiation politique et l’appui institutionnel.

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